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Lors de la deuxième rencontre multidisciplinaire à Kinshasa, nous avons parlé de la langue française. Se servir de la langue française pour une visée de développement. C’est la phrase qui introduit mieux la deuxième rencontre multidisciplinaire. Le rôle de cette langue qui nous caractérise, le français, a été au centre d’échanges sur la politique linguistique de la République démocratique du Congo.

Samedi 23 septembre, je m’appelle Asaph Mawonda, je suis jeune journaliste de Kinshasa et j’ai participé à la deuxième table ronde portant sur la politique linguistique de la RDC : quel est le rôle de la langue française dans un pays multilingue ?

Ce rendez-vous a été organisé par Initiative Construire Ensemble et l’Institut Français de Kinshasa, avec comme intervenants : le professeur Émérite Camille SESEP N’SIAL de l’Université de Kinshasa, la professeure Madeleine MBONGOPASI de l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC) et madame Leatitia LAKUBU, Femme de lettres.

 

 

Le son du micro retentit dans la salle du cinéma de l’institut français de Kinshasa, il est 14 heures. Mais pourquoi doit-on parler de langue française dans un pays multilingue ? Un pays qui veut évoluer ? Toutes ces questions résonnent dans la tête des participants.

Avec son sourire pétillant, la professeure Madeleine MBONGOPASI démarre son intervention en retraçant l’historique de la langue française en République démocratique du Congo. Elle a souligné sa spécificité, en parlant de son évolution. « C’était la langue de l’élite », avoue-t-elle. Sur la question de savoir si l’on doit aujourd’hui abandonner cette langue en faveur de l’anglais. La professeure, tout souriante, a rappelé que le français fait partie de notre identité. Selon elle, cette langue a joué un rôle primordial dans la formation de l’élite congolaise.

« C’est la langue qui nous unit », dit-elle, car la RDC est un pays de diversité. Grâce au français, nous pouvons communiquer à travers l’immense étendue de notre territoire. Elle a quand même révélé quelques failles dans la promotion de nos langues locales, notamment, le Lingala, le Kikongo, le Swahili et le Tshiluba.

Quant à madame Leatitia LAKUBU, elle a insisté sur l’opportunité qu’offre la langue française dans la formation, de notre développement intellectuel.

« Le français est là, c’est notre identité, mais nous devons nous adapter à la réalité mondiale actuelle. L’anglais offre plus d’avantages à l’international. Nous pouvons l’utiliser pour notre développement tout en gardant notre identité francophone », a-t-elle déclaré dans son speech.

Ouverte d’esprit, Laetia LAKUBU a explicité l’équilibre à adopter entre l’anglais et le français. Car, devant les jeunes participants, les ouvertures qu’offrent l’espace anglophone tabassent littéralement celle de l’espace francophone.

 

 

« Le français n’est pas une langue étrangère. C’est la langue voulue par les Congolais ». La phrase est du professeur Camille SESEP N’SIAL, linguiste. En fait, il a voulu enlever cette pensée collective de considérer le français comme une langue étrangère.

« Les Congolais avaient le projet de la généralisation de la langue française pour combler le retard que le pays avait dans la formation de cadres », a-t-il rappelé.

Si la France a des problèmes avec les pays africains, ce n’est pas avec la langue française. Il s’est opposé à l’acharnement de certains politiques africains qui fustigent la langue française pour des fins politiques.

Pour le cas de la RDC, le professeur Camille a recommandé à la jeunesse de définir ses besoins pour déterminer son développement. Il a aussi évoqué le problème de coopération avec la France, en souhaitant que la langue française serve d’élément de développement.

C’est à 16 heures 30 que la table ronde a pris fin. Une réunion qui a suscité de l’engagement des participants. Certains se sont précipités pour continuer la série de questions même au moment du cocktail. De quoi espérer un prochain rendez-vous avec la même ambiance de convivialité et de désir du changement.