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Rares sont les jours où l’on sort d’une salle aussi éveillé, motivé et un peu choqué. Ce n’est qu’au carrefour des idées que nous pouvons profiter pour aboutir à une autre perspective de nos théories et idéologies.

Je m’appelle Asaph et je suis un jeune journaliste de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo. Le vendredi 22 septembre, j’ai participé à la rencontre autour de la refondation de la coopération de la France-RDC. C’était une véritable opportunité pour les jeunes de faire entendre leur voix sur le partenariat avec la France dans un contexte où la jeunesse africaine, particulièrement congolaise, se veut libre de ses choix qui profitent au développement de son pays. Pour ma première participation à une réunion de la structure, j’ai travaillé comme rapporteur de l’activité. Du coup, j’étais davantage plus captivé sur les échanges.

Sous le thème, « La Refondation de la coopération France-RDC : quels prérequis pour quels résultats face aux attentes de la jeunesse congolaise ? »

C’est à 16 h heures 20 minutes que l’activité commence dans une ambiance solennelle. Dès sa prise de parole, le professeur François Elika a expliqué les raisons qui poussent la jeunesse congolaise à demander une refondation de la coopération France-RDC.

D’après lui, les raisons sont géopolitiques et anthropologiques.

« Les jeunes d’aujourd’hui n’acceptent pas ce modèle de coopération qui se veut dominant que propose la France officielle », a-t-il introduit dans son discours.

Le professeur François Elika a clairement indiqué que la jeunesse ne s’oppose pas à la France, « mais plutôt au modèle de coopération qui ne profite pas aux Africains », considérant ainsi le paradigme de la liberté qui caractérise la jeunesse africaine qui est exposée à de multiples choix.

Il a appelé l’agence française de développement à impulser le dialogue au niveau international pour obtenir des réformes qui seront porteuses de changement. À la jeunesse congolaise, le professeur Elika a martelé sur la discipline, l’instruction, la synergie et la compétitivité. « Vous devez vous préparer à la compétitivité intellectuelle », a-t-il ajouté.

De son côté, le chargé des projets à l’Agence française de développement, Bambi Mpembi a loué le travail abattu depuis le sommet de 2021 Afrique-France à Montpellier, sur la coopération avec le gouvernement congolais. Reconnaissant de l’approche communicationnelle qui semble ne pas toucher la jeunesse qui est une cible pourtant importante, il a expliqué les mécanismes prévus pour permettre aux jeunes congolais d’être bénéficiaires directs de cette coopération.

Plusieurs questions ont été soulevées par les participants, telles que : Est-ce que l’AFD ne peut pas changer de vision ? Pourquoi l’AFD continue à coopérer avec l’État congolais alors que les résultats ne sont vraiment palpables ? Quels sont les résultats et impacts de la coopération France-RDC ? Quel environnement est prévu par l’AFD pour intervenir en RDC ? De quelle manière les jeunes doivent changer de conscience politique ?

En effet, j’étais choqué par exemple d’entendre le chiffre d’affaires de l’AFD alors qu’en passant par le gouvernement, les jeunes ne sont pas directement bénéficiaires. La jeunesse congolaise a besoin de palper la réalité de la coopération France-RDC et c’est crucial pour un partenariat à l’heure actuelle. L’ADF devrait revoir sa manière de communiquer, mais aussi de prendre action.

Monsieur Bambi Mpembi a par ailleurs exhorté les jeunes congolais de se préparer convenablement pour profiter des divers marchés qui les échappent.

Gaëtan MAYELE, membre de la structure Initiative construire Ensemble a, lui, souligné l’importance de la jeunesse à comprendre la réalité, de l’affronter avec responsabilité, à ne surtout pas compter que sur la France. « Nous avons notre part de responsabilité », a-t-il déclaré.

Je suis sorti de la salle, marqué par l’engagement que j’ai vu, mais surtout la volonté de la jeunesse de voir les choses changer.

En substance, il a été recommandé à l’Agence française de développement de revoir son mode opératoire, en mettant en lumière, à travers une communication efficace, ce qui est déjà fait. Aussi, de coopérer directement avec cette jeunesse congolaise suivant les discussions qui ont été lancées à Montpellier avec le Président français, Emmanuel Macron. Les jeunes présents ont insisté sur l’impact des actions de l’AFD en privilégiant un partenariat gagnant-gagnant, axé sur des priorités prioritaires, notamment, l’éducation et la formation des jeunes, l’accès au financement et l’accès à un réseau des jeunes entrepreneurs.

Cette première table ronde de toute série s’est bouclée à 17 heures 30 minutes, dans une atmosphère conviviale et de satisfaction par les participants qui ont eu des réponses adéquates à leurs questions.