contact.icensemble@gmail.com

Nous contacter

+243 810 152 800

Les jeunes étudiants de la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, ont lancé les discussions, jeudi 28 septembre, sur la relation, mais aussi la coopération entre la France et la RDC en citant également d’autres pays du continent. Ces échanges sous format de débat ont eu lieu au Campus Salomon de l’université Libre des Pays des Grands Lacs (ULPGL-Goma) en présence de l’institut français de Goma représenté par son Directeur, Aymeric Baudot.

Pendant plus de 2 heures, ces échanges ont réuni une Cinquantaine de jeunes venus de différentes universités avec des questionnements et propositions à émettre à la France pour accroître son impact dans sa collaboration avec les pays africains.

Après les protocoles d’ouverture assurés par l’équipe Construire Ensemble Goma, trois principaux panels ont présidé ce partage. Un fait qui a permis aux participants de demeurer particulièrement attentifs parce que chaque panel ayant un panéliste différent avec des approches vraiment variées.

 

 

Pour ouvrir le débat avec le premier panéliste, Hubert Masomeko a su « commencer au début » en plongeant son public dans l’histoire. « Les coopérations France-Afrique commencent déjà avec le début de l’esclavage » introduit-il avant de démontrer l’évolution du mode colonialiste dont, selon lui, « use la France dans ses relations avec les pays africains ».

Pour ce jeune, analyste socio-politique de la ville de Goma, la France a toujours été présente depuis le début. Elle est allée jusqu’à soutenir les dirigeants dictateurs après les indépendances puis à « réduire la démocratie à son seul aspect électoral » dans la procédure de démocratisation des pays africains. Ce dernier a conclu par reprendre certaines des propositions de l’historien de philosophe Cameroun Joseph-Achile Mbembe à Emmanuel Macron pour la refondation des relations entre la France et le continent africain. Ces propositions vont dans le sens la libération de la monnaie (Les francs CFA), l’accompagnement des jeunes dans la création des emplois pour finir par la restitution des œuvres d’art, culture même de l’Afrique.

Pour sa part, Jacinthe Maarifa a pris la parole pour le deuxième panel, celui-ci a commencé par ramener le thème du débat à la situation d’équilibre d’origine, replaçant ainsi la France devant la RDC et non pas devant une notion aussi large que l’Afrique. Ce dernier a opté par une approche collective de conscientisation où il a décortiqué quelques exemples concrets de ce qu’il a qualifié de « humiliation » dans une relation qui devrait être entre partenaires. Ce dernier a fini par faire un point sur une sorte de divorce qui est en cours entre la France et les pays africains.

 

 

Pour conclure les panels en présentiel du professeur de français Jean-Paul Zola, Professeur à l’Institut français de Goma, Il a choisi de se concentrer sur les opportunités que présente la langue française dans un contexte de guerre plutôt que, selon lui, de parler des barrières auxquelles fait face cette langue officielle de plusieurs pays africains dans le même contexte.

« Que la langue française nous serve d’outil de dénonciation des massacres et différentes violences dont sont victimes nos compatriotes dans cette zone en guerre » a-t-il résumé son allocution invitant les jeunes artistes présents à en faire usage dans leurs œuvres.

« Le français un outil efficace dans vos revendications, dans l’apaisement des cœurs meurtris et le réconfort des survivants » existe-t-il faisant allusion à l’audience du Français à l’échelle mondiale.

La suite des panels s’est effectuée en ligne par une brève présentation de ses analyses avant de répondre à quelques questions lui adressées laissant ainsi place à la projection de « L’histoire du Congo, de fil en aiguille » ce film qui met en lumière les œuvres d’art d’une femme qui raconte l’histoire du Congo de la période coloniale jusqu’à la Cinquième République.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du programme « La voix des jeunes » de l’initiative Construire Ensemble, une ASBL qui réunit les jeunes de la RDC qui suivent les discussions lancées par Emmanuel Macron avec la jeunesse africaine sur recommandation du Professeur Achille Bembe.

Ce programme s’élargit sur une période de 3 jours, d’où la deuxième et la troisième journée auront lieu à l’Institut français de Goma et regrouperont d’abord les artistes puis une performance artistique pour clôturer ces échanges.

Joseph Katusele