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L’Initiative Construire Ensemble (ICE) a participé, du 6 au 8 juin 2024 à Cotonou, capital du Bénin, au Forum régional « Notre futur  – Dialogues  Afrique -Europe », initié par l’Institut français en octobre 2022.

Cette rencontre qui s’est déroulée dans la ville grouillante de Cotonou avait pour thème « Le français, pour quoi faire ? ». La délégation d’ICE s’est démarquée avec brio lors de ces échanges grâce à ses interventions à traves ses panélistes qui ont porté la voix  de la République démocratique du Congo.

Tables rondes, ateliers, débats simultanés, émission en plein air,  rien n’a échappé à la délégation de Construire Ensemble  qui a fièrement  représenté la jeunesse congolaise dans ces assises où la place de la langue française a été questionnée dans une Afrique multilingue.

La langue française,  notre héritage   

Dès le jeudi  à l’ouverture, Tracy Ntumba, panéliste et membre d’ICE intervient à la table du débat « comment décoloniser l’espace francophone ». Il s’agissait de dépassionner le débat sur le français et la France, offrir un espace francophone ambitieux. « En 2024, on ne peut plus parler de la colonisation d’autant plus que les Etats sont à ce jour indépendants. Dans ce cadre-là, on parle de la souveraineté des Etats. Puis qu’aujourd’hui on parle de la langue française, elle est notre héritage », a-t-elle introduit.  

Ensuite, la délégation de l’ICE s’est départagée pour prendre part aux différents ateliers, notamment à l’atelier ayant comme thème « vers un passeport francophone ? ». Il était  important de discuter du visa francophone plutôt que de parler du passeport francophone, car cela semble être une utopie. Cependant, il a été noté de la nécessité de réfléchir à la conception et à la délivrance d’un Visa Francophone.

En revanche, quatre questions ont été soulevées lors de cette discussion :

  1. Qui serait responsable de la délivrance du visa ? (OIF, une autre/nouvelle institution interétatique, quelle forme de gouvernance ?…)
  2. Quels droits ce visa pourrait-il accorder ? (Durée, espace, facilitation de l’obtention du visa pour les officiels)
  3. À qui pourrait-on délivrer ce visa ? (Quels critères linguistiques seraient liés à l’espace francophone ?) Quels seraient les critères d’obtention ? (Statut, projet personnel ou professionnel)
  4. Quelles stratégies de plaidoyer pourraient être mises en place pour surmonter les contraintes politiques, administratives et juridiques liées à la création de ce visa ? (Vers qui ? Comment ? Quand ?)

Ces questions ont été retenues afin de développer une réflexion approfondie sur la faisabilité et les implications d’un visa francophone.

Vers un espace francophone ambitieux

Vendredi 7 juin, lors de la deuxième journée ce forum régional l’ICE a eu le privilège d’assister à l’atelier thématique sur « le français et la communication politique », en collaboration avec la fondation de l’innovation pour la démocratie.

L’objectif de cet atelier était de concevoir un schéma novateur favorisant le développement d’une société francophone démocratique et prospère, une société idéale à l’horizon 2035.

Pour cela, Asaph Mawonda et Tracy Ntumba, membres d’ICE ont eu à travailler au sein de l’équipe dédiée à la musique afin de proposer un modèle de script intégrant des éléments qui rendront l’espace francophone ambitieux grâce à l’éducation à la citoyenneté des artistes, en prenant en compte les avancées technologiques telles que l’intelligence artificielle.

Par la suite, Asaph Mawonda, panéliste a animé  une émission en plein air en collaboration avec la radio universitaire du Bénin, donnant ainsi la parole aux étudiants sur le thème « la langue française et l’extrémisme violent | Le militantisme, une question de langue ? ».

Pourquoi la langue, même celle qualifiée d’instrument expressif ou illustratif du pouvoir colonial, a-t-elle réussi à se maintenir et à résister même dans les endroits où le changement était le plus radical ? Eh bien, c’est parce que la langue, où qu’elle vienne, dès qu’elle s’installe quelque part, s’infiltre dans le dispositif et s’enracine là où le changement n’a jamais été facile : « Dans la culture ».

La puissance de la langue réside en cela, car non seulement elle sert à l’échange et à d’autres processus communicatifs. Mais surtout, elle permet à un peuple de se définir, de s’exprimer, de dire ce qui le rend unique, mais aussi ce qu’il partage avec les autres. La langue est un pont qui relie les cultures, rassemble les peuples et facilite la compréhension mutuelle.

L’objectif de cette émission était de démontrer comment la langue française peut être un outil puissant contribuant au changement dans la lutte non violente.

Dans l’autre salle, Esther Abumba, slameuse, panéliste membre d’ICE intervient aux échanges autour du rôle de la langue française dans le slam-poésie, notamment  le rôle que joue la transmission des messages.

Dans son speech, Esther a énoncé le contexte dans lequel le slam s’inscrit dans la province du Nord-Kivu. « Le slam est davantage un outil de thérapie, compte tenu des violences et des guerres qui rongent la région », a déclaré Esther Abumba dans une salle émue.

Après cela, Esther a partagé son art et une partie de son âme à travers son texte « SURVIVRE ». Ce dernier évoque  la République démocratique du Congo, et sa province  d’origine, le Nord-Kivu. Il parle de ses merveilles et de ses monstres, de ses victoires et de ses défaites, de la lampe de ma résilience qui, malgré les sombres injustices quotidiennes, éclaire mon espoir et ma détermination.

« « Survivre » a profondément évoqué notre courage et notre persévérance malgré la perte de nos êtres chers lors des guerres civiles et des génocides », ajoute-t-elle.

A la conclusion de ce forum, l’Initiative Construire Ensemble a proposé un forum régional intégrant les jeunes congolais, rwandais et burundais afin de résoudre les problèmes que fait face la communauté est africaine, notamment avec la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le français sera l’outil idéal autour duquel ce forum tournera.

La cérémonie de clôture s’est bien déroulée avec des prises de photos, dans une vive convivialité.

Cellule de communication ICE